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Video insolite. King Charles tombe sur scène au Midem.

Le Midem se termine aujourd’hui et autant vous le dire tout de suite la chute de l’industrie du disque se poursuit. En témoigne cette vidéo insolite captée miraculeusement par Guillaume notre Grand Reporter. Elle dure une minute mais ca vaut vraiment le coup
A l’image de King Charles l’industrie ne manque cependant pas d’arguments, d’audace, de créativité, de folie, d’excentricité mais tout cela ne suffit pas. Le SNEP annonce une nouvelle baisse des ventes de musique en France: ‐3.4 % des ventes physiques et ‐1.9 % dans le numérique.
Inutile de tomber dans le catastrophisme, l’industrie saura relever la tête et reprendre sa couronne, retrouver son graal. Hein, dear «King» Charles?!
Le positivisme. Combien ai je entendu de fois les conférenciers du Midem lancer, les bras grands ouverts, un «Nobody’s gonnaaaaa diiiiiiiiiie…….» (personne ne va mourir). On peut choisir l’accent texan, allemand, italien; ça a fonctionné à toutes les sauces. Je leur répondais cyniquement à chaque fois «but is anyone gonna live????». Vous avez suivi sur notre blog les grandes thématiques de cette édition, branding, publishing, monetizing, autant de mots clés qui font rêver et vous reboostent pour une année comme si de rien était. Nous, Welovewords, avons trouvé que finalement tout cela était quand même globalement bien terne et que rien n’a finalement vraiment changé depuis notre dernière visite du Midem il y a 3 ans. Qu’on se rassure, comme l’annonce Ted Cohen, grand habitué du Midem «We spent the last ten years of thinking of the future. It is now» On le croit sur Parole.
Le cloud. Nuage en français… Ils étaient bien là toute la semaine au dessus de nos têtes mais Le cloud dont on vous parle ici c’est le nouveau nom qu’on donne cette année à son réseau quand on est un peu à la page. Donne moi ta carte , ton twitter, ton facebook, et rentres dans mon cloud. On parle à la base de «cloud comuting»pour qualifier des serveurs répartis dans le monde entier et liés par un réseau mais voilà en 2010 l’homme est connecté il a un cloud. On aime bien le cloud, tant qu’il ne nous tombe pas sur la tête, hein King Charles?!
Expérimentation. God save the King Charles. Il a tout compris, ca ne marche pas à chaque fois mais il faut tenter des coups. On a aimé Pharrell Williams et ses Moon Boots Nike nous envoyer des citations aussi incisives que ses samples «you have to divorce your ego», «Let the room speak to you», «our best projects came from necessity»? On a adoré Amanda Palmer chanteuse des Dresden Dolls nous parler de ses fans sur Twitter tout en improvisant une reprise de Creep devant une audience médusée. On a photographié une artiste venue faire son autopromotion habillée en Blanche Neige. On a apprécié le fait que la Sacem commence à s’intéresser au Creative Commons. On a aimé beta tester le site de nos potes sur leur stand kisskissbankbank, noomiz (2 super projets).
Holistique: tout doit être fait pour servir l’utilisateur. Je me souviens du mot clé du Midem il y a 3 ans: «USE». Finalement cela est plus que jamais d’actualité. L’industrie de la photo est venue nous donner un petit coup de main et notamment Kodak qui se présente comme une marque Kool avec un un grand K…. Ah bon? Ah oui en fait….Comment passer d’un modèle ou tu fabriques des millions de pellicules photos à celui ou tu vends des appareils photos numériques? C’est simple: «Serve the customer / Ease the use / Enhance the bottom». King Charles a essayé d’appliquer cette missive surtout sur l’aspect «prendre de la hauteur / élever le niveau», le conseil est bon mais il ne faut pas se précipiter. Il a aussi aimé voir Pharrell Williams insister sur la nécessité de raconter une histoire à ses consommateurs «We are human being we like stories» . L’approche holistique, aussi connue sous le nom d’approche 360° est une priorité pour tous. Il faut se diversifier, tant dans son offre que dans sa communication.
La prime à la casse: King Charles ne nous démentira pas, ce Midem a malgré tout été assez rock. On a vu Frédéric Mitterrand sur le stand de Rock Band jouer de la guitare avec un bras. Mais ça a surtout été chaud entre les professionnels français du disque, les sociétés de gestion collective et l’état. Comment endiguer la chute du disque et permettre au digital de décoller? Ça bloque sur «la gestion collective» des droits. La gestion collective est l’exercice du droit d’auteur et des droits connexes par des organismes qui agissent dans l’intérêt et au nom des titulaires de droits. Dans la gestion collective des droits générés dans le digital, le pouvoir risque de se déplacer et d’échapper aux gros de l’industrie. La proposition la plus concrète et la plus aboutie du rapport Zelnik semble être celle d’une carte prépayée destinée aux 15/24 ans pour les inciter à consommer légalement de la musique sur Internet. Cette carte, baptisée pour l’instant «Musique en ligne», serait vendue 25 euros pour une valeur faciale de 50 euros. Son financement serait assuré par l’Etat (à hauteur de 20 euros par carte) et par les professionnels. Comme le dit El Sayag président du SNEP, c’est un peu la « prime à la casse de l’industrie musicale ».
A très bientôt.
King charles a lui reçu la palme d’or de notre Midem.
King Charles. Album «love lust».Record Label: Mi7 Records
Disponible légalement sur itunes
Welovewords au Midem: Publishing

Il faut bien l’admettre, il s’agit aujourd’hui d’un des aspects les plus opaques de l’industrie musicale pour quelqu’un qui n’en fait pas directement parti, mais qui pourtant concerne directement les auteurs: le Publishing (l’édition). Traditionnellement, le publishing, c’est l’édition des partitions et des textes des auteurs compositeurs. Aujourd’hui, cette notion s’est un peu effacé et les éditeurs sont souvent également labels, producteurs, et distributeurs.
Sur le papier, l’éditeur en musique est chargé de s’assurer que les auteurs et les compositeurs soient payés pour leurs créations et que leurs œuvres soit utilisées commercialement. C’est au travers du « contrat d’édition » que l’auteur et/ou le compositeur assigne les droits de ses créations à un éditeur. En échange, ce dernier licencie les œuvres, collecte les royalties et les redistribue.
Au delà des problématiques classiques qui ébranle l’industrie musicale depuis une décennie déjà – c’est à dire la mort du CD – les éditeurs doivent en plus gérer l’aspect de la rémunération aux artistes dans un contexte sinistré et en recherche de nouveaux débouchés que nous avons déjà évoqués sur ce blog hier et avant hier.
Il a été question également des relations entre éditeurs et plate-formes de distribution en ligne. En effet, ces dernières ont mis environ dix ans à reverser les royalties générés par les ventes en ligne. Les éditeurs se trouvent donc dans des situations délicates, obligés de payer leurs artistes sans avoir récupéré le fruit de leurs placements produits.
La reproduction mécanique n’est également plus du tout ce qu’elle était. Les éditeurs doivent donc trouver de nouveaux territoires musicaux à développer, sortir du bois. Pour les intervenants présents, le plus important désormais sera de construire des catalogues et de privilégier autant que possible les activités de synchronisation pour le cinéma et la télévision par exemple. D’autres visions concernent également une « mise à niveau » technologique pour se démarquer des usages les plus courants aujourd’hui en terme de consommation musicale. Considérer une musique de meilleure qualité comme un service premium est une idée qui a été évoquée dans la journée.
Le monde de l’édition musicale a changé, aujourd’hui les auteurs ne sont plus nécessairement obligés d’être exclusivement représenté par un éditeur. Grâce à Internet, les solutions se multiplient et les axes de communications également. Les auteurs sont désormais en mesure (via welovewords par exemple, comme ça, au hazard) de gérer eux mêmes la protection et la diffusion de leurs œuvres.
Bonne soirée, a demain.
Welovewords au Midem: Branding

Lundi, 3ème jour au Midem. Réveil difficile après une bonne soirée un peu arrosée. En fin de journée hier soir, direction les salons feutrés du Carlton pour assister au concert d’Hindi Zahra qui mêle avec ingéniosité plusieurs genres musicaux. Originaire d’Algérie, elle nous livre une fusion entre pop, jazz, rock et musique traditionnelle arabe. Accompagné par des musiciens de 1ère bourre, ce petit concert est un vrai régal:
Nous nous dirigeons ensuite vers le Martinez qui organise la soirée dédiée à l’Afrique du sud. On commence avec une troupe de danseurs Zulus suivi par un concert de reggae dont j’ai complètement oublié le nom, mais qui a envoyé du lourd pendant que nous faisions des aller-retours répétés vers le bar, nous délectant de ce vin sud africain un peu tanique, mais offert…

Aujourd’hui, un nouveau mot midem: Branding.
Jusqu’a présent, du moins avant le développement d’offres légales de téléchargement, il a toujours été mal vu de faire cohabiter marques et artistes. En effet, ces derniers, ont toujours vu ces mésalliances un peu comme de la prostitution.
Pourtant, de nos jours, de plus en plus d’artistes acceptent de s’associer avec des marques, sans avoir l’impression de vendre leur âme au grand démon capitaliste. Souvenez vous de l’iPod U2! Un iPod noir et rouge, déjà préchargé avec tout les albums du groupe de Bono. Cette opération est un parfait exemple de l’exploration de ces nouveaux débouchés pour l’industrie musicale, jusqu’alors mis de côté parce que tout allait bien sous le soleil du CD, les artistes et les labels s’y mettent. Décryptage:
Ils se sont succédé toute la journée: MTV, Ubisoft, Activision, Carhartt, Nokia, Coca Cola, Nascar, Converse, Pepsi, Cornerstone, etc… Quel est le point commun entre toutes ses marques?
Elles utilisent ou ont utilisé des services musicaux pour réaliser des opérations promotionnelles, des campagnes de communication, des licences pour les jeux videos (ubisoft, activision), ou même en faire un élément essentiel de son coeur de métier (Nokia).
Un 1er constat en dit déjà long: la musique est juste la passion mondiale N°1. C’est le média le plus consommé all around the world, que ce soit légal ou pas. N’importe quel marque a donc intérêt à profiter de l’amour pour cet expression artistique qui existait avant même la parole.
Coca Cola, par exemple, nous explique que la musique fait quasiment partie de l’ADN de la marque. En effet, depuis les années 50, Coca choisit soigneusement les titres qui illustreront ses campagnes publicitaires. Aujourd’hui, une division entière de la société n’est chargée que de ça.
Pour Nokia, la musique est quasiment devenu son coeur de métier. Tout les téléphones peuvent embarquer de la musique. C’est même un argument de vente. il s’agit pour la marque nordique d’un élément critique de sa stratégie commerciale. Nokia met donc l’accent sur les services musicaux à développer (distribution, software, etc).
Contrairement à jadis, et tout le monde s’accorde à le dire, il faut faire plus que de simplement mettre une musique sur une pub, ou un artiste sur une affiche, montrant fièrement le produit. C’est fini tout ça. Aujourd’hui, il faut qu’il y en ait pour les 2 parties. Il doit y avoir un « lien » entre la marque et l’artiste. Beaucoup d’entre eux acceptent les partenariats la plupart du temps parce qu’ils se trouvent des affinités avec le service qui vient leur proposer cette collaboration.
Dans cette optique, les artistes s’organisent. Certains d’entre eux n’hésitent pas à monter leurs propres structure d’édition et de production de musique uniquement dédiées aux marques. Même si la chose existe depuis un moment en agence, le fait que des artistes confirmés y viennent mérite qu’on se penche sur le phénomène. Comme la création musicale fait désormais partie intégrante des stratégies de communication des marques, le fait d’avoir à disposition des collectifs d’artistes, prêts à répondre très vite aux problématiques, sans intermédiaires est une chose que tout le monde juge très bénéfique, pour les artistes, comme pour les marques. L’utilisation de la musique devient plus dynamique, elle est en contact direct avec les fans. Les marques, par le biais du community management, peuvent détecter très précisément les besoins de leurs clients, initier le dialogue, connecter les fans et les artistes.
il semblerait le Branding dans l’univers musical soit le nouvel eldorado des artistes.
Bonsoir, a demain.
Welovewords au Midem: Licensing

Plusieurs représentants mondiaux viennent nous parler de l’état de l’art en ce qui concerne le piratage et la réponse juridique (ou pas) que leurs territoires vont adopter. Nous constatons un cruel manque d’harmonisation au niveau mondial. Chaque représentant prenant la parole a précisément décrit les barrières que son pays rencontre au niveau de la législation sur le droit d’auteur et de la lutte contre le piratage.
De nouveaux débouchés – pas si nouveaux d’ailleurs – sont à l’étude. Cela fait des années que le monde de la musique diffuse un peu « hors media » sans vraiment s’en rendre compte. Comprenez moi bien! Ce qui paraissait « accessoire » il y a quelques années est désormais considéré comme très sérieux. Par exemple, les jeux vidéos, sont une source de revenus non négligeable pour les labels. Le placement de titres dans les jeux, difficiles à contrefaire et extrêmement populaires, est une garantie de revenus frais. La saga des Guitar Hero et autres Rock Band, dont la technologie est assez basique, permet des sorties régulières et donne un véritable coup de boost aux fond de catalogue des labels. Plusieurs groupes, superstars mondiales, ont accepté de licencier leurs titres quand elles se sont aperçus du potentiel financier de la chose: Metallica, Aerosmith et les Beatles, ont leur propre Rock « Guitar Band Hero ». D’ailleurs, le palais des festivals propose d’explorer le principe.

D’autres débouchés concernent le développement vers les marques. On a de plus en plus l’exemple de ce mariage quasi parfait entre commerce et culture. Il semblerait que tout le monde y trouve son compte. C’est du Win-Win comme disent les Chuck Norris. L’occasion pour les marques de se faire mousser en affichant une entente cordiale avec un artiste souriant, pensant au chèque qu’il va encaisser.
Même les nouveaux services web en tout genres, développant des modèles complètement martiens, misent gros sur les partenariats à développer avec les marques. Ces dernières, trop heureuse de serrer la pince d’un Mathieu Chedid ou d’une Fergie, affichent un sourire qui en dit long sur l’opération orchestrée.
Le web 2.0, constatant son incapacité à tout financer par la publicité, commence à mettre de côté ses principes pour aller chercher le financement là ou il se trouve: les marques.
Bonne nuit Cannes, a demain.
1er jour au Midem: Monétisation

C’est parti! Nous arrivons à 10h au Palais des festivals pour assister à cette 1ère journée en marge de la manifestation « traditionnelle » du Midem: le MidemNet
Le MidemNet, c’est la même chose que le Midem, mais vu au travers du filtre « internet », « nouvelles technologies », et « musique numérique ». Comme on s’y attendait, les conférences de la journée étaient essentiellement centrées sur la nécessité de l’industrie de trouver de nouveaux débouchés et de nouvelles sources de revenus. « Monetize » est un terme que nous avons entendu toute la journée.
Nous arrivons donc devant le palais des festivals. Il faut rappeler que ce soir, la croisette reçoit la 11ème édition des atroces NRJ Music Awards, les faux MTV Music Awards. A 10h du matin, les meilleures places devant la montée des marches sont déjà occupés par quelques ados flamboyants qui rêvent de pouvoir hurler à pleins poumons, quelques 8h40 plus tard, le nom de leurs idoles qui grimperont les marches, ce qui ne devraient pas prendre plus de 2 à 3 minutes par star… Bref, passons.
10h05, Amanda Palmer, des Dresden Dolls est la 1ère artiste à s’exprimer ce samedi matin, rentrant dans l’auditorium Debussy armé de son Ukulele, elle entonne une reprise de Creep de Radiohead. Marrant. Elle intervient ensuite pour expliquer comment elle a elle-même pris en main la communication avec ses fans, coupant ainsi l’herbe sous le pied de son label. Très tôt connecté aux outils sociaux, elle a vite compris que le développement d’un dialogue direct entre l’artiste et ses fans génère de la fidélité et de la passion.
11h15, Jeffrey Hayzlett, Directeur Marketing de Kodak, commence par une question simple: Combien d’entre vous ont acheté une pellicule photographique cet année? Personne? Bien. Pourtant, Kodak est aujourd’hui un leader dans le secteur de l’impression, du papier, des cartes photos, et de toutes sortes de produits qui gravitent autour de son coeur de métier. Un bon exemple pour l’industrie musicale et une petite phrase rassurante: « nobody is going to die, relax ».
12h00, Pharell Williams arrive avec une superbe hiphop touch et une « fatigue » manifeste. Faut dire que le producteur de la décennie, comme l’ont décidé ses pairs, sort d’une vilaine gastro qui a bien fait faillie annuler son intervention. Dès le matin, les rumeurs courent…

Nous partons déjeuner rapidement d’un McDo et revenons vers le palais pour se promener entres les stands en préparation pour l’ouverture du Midem demain. Chemin faisant, nous croisons nos cousins de kisskissbankbank qui ont un petit stand dans le « Networking Village ».
En revenant vers l’auditorium, nous assistons à une table ronde des acteurs de la musique digitale. We7, Spotify, The Orchard, Sony, WMG et Beggars discutent de leurs modèles économique. l’intérêt de la rencontre réside surtout dans le fait que les plateformes comme We7, commencent à avoir assez de recul pour avoir une vision plus claire sur leurs capacités à fédérer des communautés, et à générer suffisamment de revenus pour rémunérer les ayants droit. Et justement, le modèle s’essouffle. Quand le CPM (Cout Pour Mille) sur Internet est en moyenne de 0,004 €, je vous laisse faire le calcul du nombre d’impressions nécessaires pour faire un 1€. Manifestement, et tout le monde s’accorde à le dire, la pub ne peut pas tout financer.
Les modèles Freemium semblent avoir beaucoup plus le vent en poupe actuellement.
…Comme Welovewords…
A demain.

