Le Prix Nobel de littérature est, rappelons-le, une sorte de coupe du monde du livre, une palme d’or des auteurs, en bref la récompense littéraire suprême. Il est revenu, à la surprise quasi-générale, le 8 octobre dernier, à l’écrivain allemand Herta Müller, faisant naître rumeurs et climat de suspicion. En effet, le nom de la lauréate aurait été médiatisé dès la veille du sacre officiel et était favori sur de nombreux sites de paris en ligne. Alors, hasard ou fuites avérées ?
Prix prestigieux créé au tout début du XXe siècle par testament par Alfred Nobel, un chimiste suédois, le Prix Nobel de littérature récompense un auteur dont l’oeuvre littéraire est imprégnée d’un « puissant idéal« . Outre l’état de grâce ad vitam æternam et les retombées mondiales, le lauréat est gratifié d’une somme rondelette équivalente à environ 1 million d’euros. On ne s’en plaindrait pas.
L’année dernière fut particulière car, rappelons-le, c’est le français Jean-Marie Le Clézio qui avait été consacré, ce qui n’était pas arrivé depuis bien longtemps pour un auteur français. Cette année, le prix vient d’être décerné, le 8 octobre, contre toutes attentes, à l’allemande d’origine roumaine Herta Müller pour son œuvre poétique et profonde basée sur le thème de la dictature, ce qui fait d’elle la douzième femme a être couronnée par ce prix (sur 104 lauréats depuis la création du prix, il n’y a pas encore de quoi s’extasier).
Au-delà de l’étonnement suscité par cette nomination, une controverse a depuis commencé à enfler sur le net. En effet, il semblerait qu’un internaute américain, Michael Orthofer (du blog Literary Saloon), ait annoncé cette victoire la veille du jour officiel, en s’appuyant sur les sites de paris en ligne comme ladbrokes.com par exemple. Plus étonnant encore, Herta Müller faisait, également la veille, la première page du tabloïd suédois Dagens Nyheter.
Aussitôt des voix se sont élevées pour dénoncer de possibles fuites à sein de la commission du Nobel, laissant planer des doutes sur l’intégrité de tous ses membres. Tout cela a été démenti en bloc depuis par l’Institut Nobel. Notons que les même sites de paris online avaient permis de d’anticiper la remise au président Obama du Nobel de la Paix.













Ce n’est pas la première fois qu’on soupçonne les jurés du Nobel de subir des influences politiques ou autres. Les lauréats ne sont pas tous passés à la postérité, mais tant mieux. Le droit à l’erreur existe aussi pour eux.