Le livre enfin concerné par le piratage?

ebookz

J’étais avant hier à la SGDL (Société des Gens de Lettres) pour la présentation de l’étude menée par Le Motif et dirigée par Constance Krebs et Mathias Daval sur le piratage des Å“uvres littéraires: eBookz.

1ère constatation: le piratage des Å“uvres au format numérique existe depuis longtemps mais il semble avoir décollé depuis le milieu de l’année 2008. Comme nous le répétons souvent ici, le texte est le dernier bastion culturel à avoir « Ã©chappé » au phénomène du piratage comme a pu le connaître l’industrie du disque et du cinéma. En revanche, à l’instar de ces derniers, les éditeurs ont déjà pris conscience du phénomène et attendent avec impatience le développement d’offres légales attractives.

Selon l’étude, le phénomène est assez marginal, seul 1% des titres disponibles en format papier se trouvent en téléchargement illégal. Pas de quoi s’inquiéter outre mesure pour le moment. Quoique: une personne de chez Eyrolles a fini par avouer s’être fait piraté d’un seul coup environ 130 références, qui se sont trouvés disponibles sur les réseaux p2p. Avoir été en mesure de détecter cette fraude est déjà un excellent signe en soi. Les éditeurs veillent.

Ce faible petit pour cent s’explique aussi par d’autres facteurs liés très précisément à la nature du livre. La majorité des lecteurs vont diront que le plaisir de lire un livre, bah c’est de le lire; d’avoir ce contact « sensuel » du papier, une couverture, une préface, etc… Ensuite, scanner un livre est un travail fastidieux qui nécessite entre 6 à 10 heures minimum pour un rendu de bonne qualité. Pas aussi simple qu’un mp3 donc.

il convient également de différencier les contenus. Les titres Eyrolles par exemple, piratés récemment, traitent essentiellement de manuels professionnels. Pas de romans. Il semble plus logique donc qu’ils soient plus susceptibles d’être piratés. Les auteurs de romans les plus piratés sont aussi ceux qui vendent le plus (Amelie Nothomb, Gilles Deleuze, Bernard Weber). On aura donc du mal à les plaindre là, tout de suite.

En revanche, le débat qui a suivi dans la salle a mis au jour l’archaïsme de certaines visions, quand au prix des versions numériques par exemple. A mon sens, même s’ils ont compris les enjeux du numérique, bon nombre d’éditeurs devraient se mettre BEAUCOUP plus à la place du lecteur. Dire que 6€ pour un livre numérique, ce n’est pas assez cher, c’est se tirer une balle dans le pied et laisser saigner. C’est réagir comme l’industrie musicale, qui ne s’en est toujours pas remise.

6€, c’est le seuil anti-piratage, mais c’est aussi un tarif tout à fait acceptable pour un livre au format numérique. Peu de gens sont prêts à mettre 10 € dans un livre débarrassé de ces coûts de fabrication.

Quoi qu’il en soit, Le Motif fait les recommandations suivantes:

- Développer le catalogue numérique à des prix attractifs.
- Développer la surveillance autour des titres.
- Réfléchir, en concertation avec les auteurs et les autres maillons de la chaine du livre à de meilleures manières de faire respecter le droit d’auteur.

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2 réponses   to “Le livre enfin concerné par le piratage?”

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